Fabrice Ménelot a l’habitude de recevoir des experts, des directeurs achats, des consultants…
Mais cette fois, son invité a un parcours qui détonne. Olivier Monin est un homme aux multiples casquettes : acheteur, vendeur, manager, formateur, et aujourd’hui… homme de scène.
Un parcours atypique qui l’a mené à une conclusion audacieuse : et si l’humour était l’outil le plus efficace pour faire bouger les lignes dans le monde de l’entreprise ?
Dans cet échange passionnant, Fabrice et Olivier explorent comment une bonne dose d’autodérision et de spectacle peut dédramatiser des sujets aussi sérieux que les achats publics ou la négociation.
De la science aux achats, des achats à la vente : le parcours d’un touche-à-tout
À l’origine, rien ne prédestinait Olivier Monin à monter sur les planches. Avec une formation scientifique, il se dirige vers les achats un peu par hasard, à une époque où le métier était encore méconnu. “J’étais persuadé que je ne pourrais jamais faire de commerce”, confie-t-il à Fabrice. Ironie du sort, c’est cette première expérience côté acheteur qui lui donnera les clés pour exceller, plus tard, dans la vente. Connaître les deux côtés de la table, comprendre les méthodes et les états d’esprit de chaque partie, voilà un atout de taille. C’est cette double compétence qui l’amènera progressivement vers la formation, puis vers la scène, son véritable amour de jeunesse.
Quand le spectacle vient dépoussiérer l’entreprise
Olivier Monin a transformé son expérience en une série de conférences-spectacles pour le moins originales. Son crédo : utiliser l’humour et la mise en scène pour aborder des sujets complexes et faire passer des messages forts.
Faut-il abolir les marchés publics ? Le procès !
Pour beaucoup, les marchés publics sont un sujet aride, contraignant et complexe. Pour le rendre accessible et même divertissant, Olivier a eu une idée de génie : monter un faux procès. Avec une avocate, il met en scène un tribunal où le marché public est l’accusé. On le charge, on l’accable de tous les maux… pour mieux le défendre ensuite. Cette allégorie permet d’expliquer de manière ludique :
- Pourquoi les marchés publics existent
- D’où ils viennent et quelle est leur utilité
- Comment on peut les utiliser au mieux
En sortant du cadre formel, on retient mieux les messages et on comprend la logique derrière la règle. Une approche que Fabrice verrait bien se déployer dans les grandes métropoles et les régions, tant le besoin de pédagogie est grand.
Manager : un métier de pigeon ?
Olivier ne s’arrête pas aux acheteurs. Il s’attaque aussi à la figure du manager, avec un spectacle grand public sur la négociation, rodé au festival d’Avignon. Le titre ? “Vous êtes un pigeon, mais vous ne le savez pas encore”. L’idée est de nous faire rire de nos propres travers de négociateurs. À travers différentes catégories de “pigeons”, chacun peut se reconnaître :
- Le naïf qui se fait avoir
- Le bluffeur qui en fait trop
- Celui qui n’ose pas demander
Encore une fois, l’humour permet de prendre de la distance et de réfléchir à ses propres comportements, sans se sentir jugé. C’est une façon de parler de ce qui se passe “dans notre tête quand on essaie de négocier”.
Derrière le rire, la réflexion
Fabrice le souligne à juste titre : au-delà de l’aspect souriant, qui fait du bien, il y a des messages de fond. L’humour n’est pas une fin en soi, c’est un véhicule. Il permet de créer du lien, de briser la glace et d’aborder des sujets qui fâchent. On se souvient de la séquence “je t’aime, moi non plus” entre acheteur et vendeur qu’Olivier avait jouée lors d’un événement organisé par Fabrice. La caricature, en forçant le trait, révèle les incompréhensions mutuelles et ouvre la voie à un dialogue plus constructif.
Le parcours d’Olivier Monin est la preuve qu’il n’y a pas de chemin tout tracé. C’est en mêlant ses passions et ses compétences qu’il a créé une offre unique et pertinente. Alors, si vous voulez faire bouger les lignes dans votre organisation, si vous êtes fatigué des présentations PowerPoint soporifiques, peut-être est-il temps de vous inspirer de sa démarche et d’injecter une dose d’humour dans votre quotidien professionnel. Comme le dit si bien Olivier, parfois, pour être sérieux, il ne faut pas trop se prendre au sérieux.